Yohan Marcq

Yohan Marcq

Nous sommes à Rossignol, un coin paisible de la Gaume, la nuit du 26 au 27 juin 2005.

Il fait doux, c’est presque la pleine lune. Près du terrain de football, les trois jours de fête annuelle s’achèvent le dimanche par un bal sous chapiteau plutôt traditionnellement destiné aux habitants du village.

On est entre habitués, 150 à 200, aucun service d’ordre extérieur n’a été engagé pour l’occasion puisque tout le monde connaît tout le monde. Ou presque. Ce qu’il va se passer tient à ce presque.

Vers 2 heures du matin, un inconnu au village, un des rares, est prié de sortir pour avoir eu près de la piste de danse une attitude un peu provocatrice. Rien de grave.

Il va d’ailleurs quitter les lieux sans rouspéter, accompagné des deux jeunes filles mineures avec lesquelles il était venu. Environ une heure plus tard, après être rentré dans le chapiteau sans que quiconque s’en aperçoive, il est expulsé une seconde fois mais le scénario a changé.

Parvenu dans le pré à l’extérieur, entouré par des jeunes du village, il sort un couteau et frappe. Là dans la confusion, en quelques éclairs de lame, des personnes sont blessées et Yohan, 21 ans, un enfant de Rossignol aimé de tous, touché au foie, au poumon et surtout en plein coeur s’écroule.

En quelques instants, il se vide de son sang et meurt sans que personne autour de lui puisse à ce moment-là accepter l’inacceptable. L’agresseur s’enfuit dans la nuit, on ne le retrouvera jamais.

Son nom pourtant est rapidement connu, les deux jeunes filles qui l’entouraient l’ont révélé sur place : il s’appelle Amagov, il s’agit d’un réfugié tchétchène de 24 ans résidant à Arlon. Un journal régional titrera le surlendemain que l’on a assassiné tout un village.

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